Au Vietnam, la culture de la cannelle illustre l’alliance subtile entre traditions paysannes, recherche scientifique et enjeux mondiaux. L’écorce parfumée raconte une histoire où se mêlent savoirs anciens, marchés internationaux et défis environnementaux.
Article de Damien Lafon et photographies de Tifenn Calvez.

La culture de la cannelle au Vietnam, un héritage ancestral des montagnes
Dans les hautes terres vietnamiennes, la culture de la cannelle s’enracine dans les pratiques transmises depuis plusieurs générations. Les ethnies Dao et Hmong considèrent cet arbre comme une ressource à la fois spirituelle et économique. L’écorce séchée circule sur les marchés locaux, assurant revenus et reconnaissance aux familles montagnardes. En parallèle, les rituels saisonniers lient toujours la récolte aux croyances animistes. Ainsi, la cannelle dépasse son rôle d’épice pour incarner un véritable trait d’union entre culture et nature.
La cannelle vietnamienne, pilier économique des communautés rurales
Aujourd’hui, la cannelle vietnamienne représente un levier essentiel pour l’économie des provinces de Yen Bai, Lao Cai et Quang Nam. Les familles rurales dépendent fortement de cette culture pour financer scolarité, santé et rituels sociaux. De plus, la demande mondiale augmente, notamment en Inde, en Europe et aux États-Unis. Par conséquent, l’exportation génère de nouvelles opportunités pour les producteurs. Par ailleurs, les coopératives locales favorisent la certification biologique et garantissent des prix équitables. En reliant traditions et commerce global, la cannelle vietnamienne contribue directement au développement rural.
Les vertus médicinales de la cannelle au Vietnam
La cannelle occupe également une place importante dans la médecine traditionnelle vietnamienne. Riche en huiles essentielles, elle possède des propriétés anti-inflammatoires et stimulantes. De nombreuses études scientifiques confirment désormais ses bienfaits contre le diabète et certaines infections bactériennes. Ainsi, la science renforce les savoirs populaires transmis depuis des siècles. Dans les villages, on prépare encore infusions et poudres séchées pour soulager douleurs et troubles digestifs. De plus, les herboristes locaux associent la cannelle à d’autres plantes médicinales, créant des remèdes toujours très utilisés.
Le Saviez-vous ?
Au XIXe siècle, les explorateurs français qualifiaient déjà la cannelle vietnamienne de “perle des épices d’Asie”. Ses exportations atteignaient alors l’Empire colonial.


La culture durable de la cannelle face aux défis environnementaux
Cependant, la culture de la cannelle se confronte à de multiples menaces liées au climat et à la déforestation. L’expansion agricole incontrôlée réduit la biodiversité, tandis que les pluies irrégulières perturbent le développement des arbres. En revanche, des initiatives émergent pour rendre cette filière plus durable. Par exemple, certaines ONG encouragent l’agroforesterie et la replantation collective. De plus, l’usage limité de pesticides protège la santé des cultivateurs et des sols. Grâce à ces efforts, la cannelle devient un terrain d’expérimentation pour une agriculture respectueuse de l’environnement vietnamien.
Cannelle et science, un avenir prometteur au Vietnam
Au-delà de ses usages traditionnels, la cannelle attire désormais l’attention des chercheurs et de l’industrie pharmaceutique. Ses molécules bioactives suscitent des espoirs dans les domaines nutritionnels et cosmétiques. Par ailleurs, les universités vietnamiennes collaborent avec les communautés rurales pour documenter savoirs et pratiques. Ces recherches permettent d’associer innovation scientifique et préservation des patrimoines culturels. En conséquence, la cannelle incarne un avenir où économie, science et traditions coopèrent. Finalement, la culture de la cannelle au Vietnam symbolise l’espoir d’un modèle durable et inclusif.
La cannelle vietnamienne, une ressource identitaire et culturelle
Enfin, la cannelle occupe une place identitaire forte pour les communautés montagnardes. Elle apparaît dans les chants, les récits oraux et certaines cérémonies. Par exemple, l’offrande de bâtons de cannelle marque parfois les mariages ou les naissances. Cette dimension symbolique rappelle que l’épice dépasse la seule valeur économique. Elle incarne la continuité d’un lien profond entre l’homme et la forêt. Ainsi, préserver la culture de la cannelle au Vietnam revient aussi à protéger un patrimoine culturel immatériel menacé.
Le Saviez-vous ?
L’écorce de cannelle contient du cinnamaldéhyde, une molécule responsable de son parfum intense et de ses propriétés antimicrobiennes étudiées par la science moderne.

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